Le programme Push Pull Legs
Push Pull Legs est le découpage le plus utilisé en salle, et pour de bonnes raisons : il regroupe les muscles qui travaillent ensemble, évite les chevauchements, et s'adapte à trois comme à six séances par semaine. Voici les trois séances complètes.
Guide pratique · lecture 10 minutes · mis à jour le
Le principe
Le programme Push Pull Legs, souvent abrégé PPL, répartit les exercices selon le geste plutôt que selon le muscle :
- Push regroupe tout ce qui pousse : pectoraux, épaules, triceps.
- Pull regroupe tout ce qui tire : dos, biceps, arrière d'épaules.
- Legs couvre le bas du corps entier : quadriceps, ischios, fessiers, mollets.
L'intérêt est mécanique. Quand tu fais un développé couché, tes triceps travaillent déjà. Les entraîner le même jour évite de les solliciter une deuxième fois quarante-huit heures plus tard, alors qu'ils récupèrent encore. Le PPL supprime ces chevauchements, ce qui laisse à chaque groupe deux jours pleins de récupération.
À qui il convient
| Profil | Verdict |
|---|---|
| Débutant complet | C'est prématuré. Commence par un full body trois fois par semaine pendant deux à trois mois (voir le programme débutant). |
| Intermédiaire, 3 séances | C'est un excellent choix : chaque groupe est travaillé une fois par semaine, avec du volume. |
| Intermédiaire, 6 séances | La configuration idéale du PPL : chaque groupe deux fois par semaine. |
| Emploi du temps irrégulier | Très adapté : tu suis la boucle Push → Pull → Legs sans te soucier des jours. |
Le PPL ne s'organise pas en « lundi Push, mercredi Pull ». Il s'organise en boucle : tu enchaînes Push, Pull, Legs, puis tu recommences, quel que soit le jour. Une semaine chargée décale simplement la boucle, elle ne fait sauter aucune séance.
Push Pull Legs, full body ou upper lower
Ces trois organisations fonctionnent, et le bon choix dépend surtout du nombre de séances que tu peux faire chaque semaine. À trois séances, le full body fait travailler chaque muscle trois fois, le PPL une seule fois. À quatre séances, le programme upper lower fait travailler chaque muscle deux fois avec une organisation très simple. À partir de cinq ou six séances, le PPL devient le plus pratique, parce que chaque séance reste ciblée et d'une durée raisonnable.
Les modèles de progression de l'American College of Sports Medicine (ACSM) vont dans le même sens : ils situent les pratiquants intermédiaires autour de trois à quatre séances par semaine, et les pratiquants avancés entre quatre et six, le plus souvent avec un découpage par groupes musculaires.
Les trois séances, en détail
Séance Push : pectoraux, épaules, triceps
| Exercice | Séries | Répétitions |
|---|---|---|
| Développé couché barre | 4 | 6 à 8 |
| Développé incliné haltères | 3 | 8 à 10 |
| Développé militaire | 3 | 8 à 10 |
| Élévations latérales | 3 | 12 à 15 |
| Dips ou barre au front | 3 | 8 à 12 |
| Extension triceps à la poulie | 2 | 12 à 15 |
Séance Pull : dos, biceps
| Exercice | Séries | Répétitions |
|---|---|---|
| Traction ou tirage vertical | 4 | 6 à 10 |
| Rowing barre | 4 | 8 à 10 |
| Tirage horizontal à la poulie | 3 | 10 à 12 |
| Oiseau ou poulie visage | 3 | 12 à 15 |
| Curl barre | 3 | 8 à 12 |
| Curl marteau | 2 | 10 à 12 |
Séance Legs : jambes complètes
| Exercice | Séries | Répétitions |
|---|---|---|
| Squat barre | 4 | 6 à 8 |
| Soulevé de terre jambes tendues | 3 | 8 à 10 |
| Presse à cuisses | 3 | 10 à 12 |
| Leg curl | 3 | 10 à 12 |
| Fentes ou hip thrust | 3 | 10 à 12 |
| Mollets debout | 4 | 12 à 15 |
Repos conseillé : 90 secondes partout, et jusqu'à trois minutes sur les séries lourdes de squat et de développé couché. Le détail dans notre guide sur les temps de repos.
Durée d'une séance et échauffement
Chaque séance compte six exercices : 18 séries pour Push, 19 pour Pull et 20 pour Legs. Avec les repos conseillés, compte une heure à une heure et quart, échauffement compris. Commence par quelques minutes de cardio léger, puis fais deux ou trois séries progressives sur le premier exercice lourd, avec peu de répétitions, avant tes séries de travail.
Ces trois séances sont déjà prêtes
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Obtenir la version complèteTrois, quatre ou six séances par semaine
Trois séances, c'est une boucle complète par semaine. Chaque groupe musculaire est travaillé une fois, avec un volume élevé sur la séance. C'est suffisant pour progresser pendant longtemps, et c'est le format le plus tenable quand on travaille.
Six séances, c'est deux boucles par semaine. Chaque groupe est travaillé deux fois, ce qui permet de répartir le volume et améliore généralement les résultats à volume égal. En contrepartie, six séances hebdomadaires demandent une régularité que peu de gens tiennent plus de quelques mois.

Quatre ou cinq séances, c'est parfaitement valable : tu suis la boucle sans chercher à finir la semaine sur un compte rond. C'est même l'avantage principal du PPL.
Voici par exemple ce que donne la boucle à quatre séances par semaine. La première semaine, tu fais Push le lundi, Pull le mardi, Legs le jeudi et Push le samedi. La semaine suivante commence donc par Pull, puis Legs, Push et Pull. Sur ces deux semaines, chaque séance revient deux ou trois fois, sans que tu aies à réorganiser quoi que ce soit.
Si tu viens d'un full body, ne passe pas directement à six séances. Commence par trois ou quatre, vérifie que tes charges continuent de monter d'une boucle à l'autre, puis ajoute une séance si ton emploi du temps et ta récupération le permettent.
Combien de séries par muscle en Push Pull Legs
Le nombre de séances change directement le volume de chaque muscle, puisque chaque boucle complète s'ajoute à la précédente. La plupart des recommandations situent le volume utile entre dix et vingt séries par semaine et par groupe musculaire, comme l'explique notre guide sur le volume d'entraînement. En comptant les séries directes du programme ci-dessus, voici ce que reçoit chaque muscle.
| Muscle | Exercices directs | 3 séances | 6 séances |
|---|---|---|---|
| Pectoraux | Développé couché, développé incliné | 7 | 14 |
| Épaules | Développé militaire, élévations latérales | 6 | 12 |
| Triceps | Dips ou barre au front, extension à la poulie | 5 | 10 |
| Dos | Traction, rowing, tirage horizontal | 11 | 22 |
| Arrière d'épaules | Oiseau ou poulie visage | 3 | 6 |
| Biceps | Curl barre, curl marteau | 5 | 10 |
| Quadriceps | Squat, presse à cuisses | 7 | 14 |
| Ischios | Jambes tendues, leg curl | 6 | 12 |
| Mollets | Mollets debout | 4 | 8 |
À trois séances, plusieurs muscles restent sous la barre des dix séries directes. Ils reçoivent en plus un travail indirect important : les développés sollicitent les épaules et les triceps, les tirages sollicitent les biceps, et les fentes ou le hip thrust complètent les cuisses. Si l'un de ces muscles est ta priorité, ajoute une série sur ses deux premiers exercices.
À six séances, c'est l'inverse. Le dos atteint 22 séries, un peu au-dessus de la fourchette habituelle. Si tu récupères mal, retire une série au rowing et une au tirage horizontal : tu redescends à 18 séries par semaine.
Comment progresser dessus
Le programme ne fait pas progresser : la surcharge progressive le fait. Applique la double progression sur chaque exercice.
- Choisis une charge que tu tiens au bas de la fourchette de répétitions.
- Chaque séance, cherche une répétition de plus sur chaque série.
- Quand toutes tes séries atteignent le haut de la fourchette, augmente la charge de 2,5 kg (barre) ou 2 kg (haltères) et redescends au bas de la fourchette.
- Recommence.
Exemple sur le rowing barre
Le rowing barre se fait sur quatre séries de 8 à 10 répétitions. Si ta première séance à 50 kg donne 10, 9, 8 et 8 répétitions, tu gardes 50 kg. Les séances suivantes, tu vises 10, 10, 9 et 8, puis 10, 10, 10 et 9, jusqu'à réussir 10 répétitions sur les quatre séries. À ce moment, tu passes à 52,5 kg, et tes répétitions redescendent autour de 8. À six séances par semaine, la séance Pull revient deux fois, et ce cycle tient en deux ou trois semaines. À trois séances, il en demande plutôt quatre ou cinq.
Cela suppose de savoir précisément ce que tu as fait la fois précédente, sur chaque série. C'est exactement le rôle du carnet d'entraînement.

Quand prévoir une semaine plus légère
Si tes performances baissent sur plusieurs exercices pendant deux boucles de suite, alors que ton sommeil et ton alimentation n'ont pas changé, la fatigue s'est probablement accumulée. Une semaine allégée, avec moins de séries et des charges un peu plus basses, permet souvent de repartir à la hausse. Notre guide sur la semaine de décharge explique comment l'organiser.
Adapter le PPL à ton profil
Si tu as peu de temps
Si tes séances doivent tenir en quarante-cinq minutes, garde les trois ou quatre premiers exercices de chaque séance, ceux qui font travailler le plus de muscles. Enchaîne ensuite les exercices d'isolation deux par deux, par exemple les élévations latérales avec l'extension triceps à la poulie, en ne prenant ton repos qu'après le second.
Si tu as plus de 40 ans
Le PPL convient bien, à condition de soigner l'échauffement et de ne pas démarrer à six séances. À quatre séances par semaine, chaque muscle dispose de plus de temps pour récupérer entre deux passages. Si ton dos proteste, remplace le squat barre par la presse et le rowing barre par le rowing haltère un bras, appuyé sur un banc.
Si tu t'entraînes à la maison
Avec des haltères réglables, un banc et une barre de traction, les trois séances se transposent facilement : développés aux haltères, rowing haltère, tractions, squat gobelet et fentes, soulevé de terre jambes tendues aux haltères. Les exercices à la poulie se remplacent par des élastiques, et la double progression s'applique de la même façon.
Les erreurs à éviter
- Sauter la séance Legs. C'est la plus dure et la plus souvent escamotée. Elle représente pourtant la moitié de ta masse musculaire.
- Ajouter des exercices « parce qu'il reste du temps ». Le volume supplémentaire non planifié se paie sur la récupération de la boucle suivante.
- Changer les exercices toutes les deux semaines. Tu perds toute possibilité de comparaison.
- Commencer par les élévations latérales. Les mouvements lourds passent en premier, quand le système nerveux est frais.
- Négliger l'arrière des épaules. L'oiseau et la poulie visage paraissent secondaires, mais ils équilibrent tout le travail de poussée de la séance Push. Garde-les dans la séance Pull.
Questions fréquentes
Le Push Pull Legs convient-il aux débutants ?
Pas immédiatement. Un débutant progresse mieux avec un full body trois fois par semaine pendant deux à trois mois, car la fréquence élevée accélère l'apprentissage technique. Le PPL devient intéressant ensuite.
Peut-on faire le PPL en quatre séances par semaine ?
Oui, et c'est même l'un de ses atouts. Tu suis la boucle Push, Pull, Legs sans la caler sur des jours fixes : certaines semaines tu feras quatre séances, d'autres trois.
Où placer les abdominaux et le cardio ?
Les abdominaux se placent en fin de séance Pull ou Legs, deux fois par semaine. Le cardio se met de préférence sur un jour sans musculation, ou après la séance, jamais avant.
Combien de temps garder ce programme ?
Tant qu'il produit des progrès mesurables, ce qui peut durer un an ou plus. Il faut le modifier quand les charges stagnent sur plusieurs mouvements pendant six semaines malgré un sommeil et une alimentation corrects.
Combien de temps dure une séance Push Pull Legs ?
Avec six exercices et dix-huit à vingt séries, compte une heure à une heure et quart, échauffement compris. Si tu dépasses régulièrement ce temps, retire le dernier exercice d'isolation plutôt que de raccourcir les repos des mouvements lourds.
Dans quel ordre faire les séances Push, Pull et Legs ?
L'ordre Push, Pull, Legs est le plus courant, parce que deux séances qui se suivent ne sollicitent pas les mêmes muscles principaux. Tu peux commencer la boucle par n'importe laquelle des trois, du moment que tu gardes ensuite le même ordre.
Faut-il un jour de repos en PPL six jours sur sept ?
Oui. Même si chaque muscle a deux jours pour récupérer entre deux séances, garde au moins un jour complet sans entraînement par semaine. Si la fatigue s'accumule malgré tout, ajoute un deuxième jour de repos plutôt que d'écourter les séances.
Le Push Pull Legs est-il bon pour la prise de masse ?
Oui, comme tout programme bien construit. La prise de masse dépend surtout de la progression des charges sur plusieurs mois, d'un léger surplus calorique et d'un apport suffisant en protéines. Le PPL facilite simplement l'ajout de volume quand tu passes à cinq ou six séances par semaine.