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Le programme full body

Travailler tout le corps à chaque séance a longtemps été considéré comme une méthode de débutant. C'est faux : à volume hebdomadaire égal, la fréquence élevée du full body donne des résultats au moins équivalents, avec une organisation bien plus simple.

Guide pratique · lecture 10 minutes · mis à jour le

Le principe et ses atouts

Un programme full body sollicite l'ensemble des groupes musculaires à chaque séance : un mouvement de jambes, un poussé, un tiré, et deux ou trois compléments. À trois séances par semaine, chaque groupe est donc travaillé trois fois, contre une seule dans un découpage classique.

Trois avantages concrets :

Ce que dit le volume

Le facteur qui détermine la progression n'est pas le découpage, c'est le nombre de séries hebdomadaires par muscle. Il en faut dix à vingt par semaine et par groupe musculaire, et les répartir sur une séance ou sur trois change peu le résultat final.

Full body 3 fois par semaine : la semaine type

La formule la plus courante est le full body trois fois par semaine, avec un jour de repos entre deux séances, par exemple le lundi, le mercredi et le vendredi. Comme le programme contient deux séances, A et B, tu les alternes : une semaine sur deux, tu fais A, B, A, et la suivante B, A, B.

Calendrier d'une semaine avec la séance A le lundi et le vendredi, la séance B le mercredi, et du repos les quatre autres jours.
Une semaine type en full body : trois séances en alternant A et B, avec un jour de repos entre chacune. La semaine suivante commence par la séance B.

Ce rythme correspond aux modèles de progression de l'American College of Sports Medicine (ACSM) pour un entraînement de tout le corps : deux à trois séances par semaine pour un débutant, trois pour un pratiquant intermédiaire. Il laisse au moins quarante-huit heures entre deux séances qui sollicitent les mêmes muscles. Notre guide sur la musculation trois fois par semaine revient sur l'organisation de ce rythme au quotidien.

Et en deux ou quatre séances par semaine ?

En deux séances, fais A puis B chaque semaine, avec deux ou trois jours d'écart. Chaque muscle est encore travaillé deux fois, ce qui reste efficace, mais le volume hebdomadaire baisse d'un tiers. Pour compenser en partie, ajoute une série sur les deux premiers exercices de chaque séance.

En quatre séances, fais A, B, A, B et retire une série à chaque exercice. Le volume total reste alors proche de celui de trois séances complètes, mais il est mieux réparti, et chaque séance devient plus courte.

Full body ou split : comment trancher

SituationFull bodySplit (PPL)
3 séances par semaineRecommandéPossible
4 à 6 séancesPossibleRecommandé
DébutantRecommandéPrématuré
Emploi du temps imprévisibleRecommandéConvient aussi
Objectif : un muscle en retardDifficileRecommandé
Séances courtes (45 min)SerréRecommandé

Si tu peux t'entraîner quatre fois par semaine ou plus, un programme en split répartit plus facilement le travail de chaque muscle sur la semaine.

Deux séances à alterner

Alterne A et B, trois fois par semaine, avec au moins un jour de repos entre deux séances.

Séance A

ExerciceSériesRépétitions
Squat barre46 à 8
Développé couché barre46 à 8
Rowing barre48 à 10
Développé militaire38 à 10
Curl haltères210 à 12
Mollets debout312 à 15

Séance B

ExerciceSériesRépétitions
Soulevé de terre35 à 6
Développé incliné haltères48 à 10
Traction ou tirage vertical46 à 10
Presse à cuisses310 à 12
Élévations latérales312 à 15
Barre au front210 à 12

Repos : 90 secondes sur les mouvements accessoires, jusqu'à trois minutes sur le squat, le soulevé de terre et le développé couché. Notre guide sur le temps de repos entre les séries explique d'où viennent ces durées.

Remplacer un exercice

Si un mouvement ne te convient pas ou si le matériel manque, remplace-le par un exercice du même type plutôt que de le supprimer. Tu peux remplacer :

Garde ensuite le remplaçant pendant tout le cycle : c'est la seule façon de comparer tes séances entre elles.

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Combien de séries par muscle avec ce programme

Comme les semaines alternent A, B, A et B, A, B, le volume de chaque muscle varie un peu d'une semaine à l'autre. Voici ce que donne le programme en comptant uniquement les séries directes, c'est-à-dire celles des exercices qui ciblent ce muscle en premier.

MuscleSemaine A, B, ASemaine B, A, B
Pectoraux1212
Dos1212
Quadriceps1110
Épaules99
Ischios et fessiers36
Biceps42
Triceps24
Mollets63
Graphique en barres du nombre de séries directes sur une semaine A, B, A : 12 pour les pectoraux et le dos, 11 pour les quadriceps, 9 pour les épaules, 3 pour les ischios et fessiers, 4 pour les biceps et 2 pour les triceps.
Sur une semaine A, B, A, les grands muscles du haut du corps et les quadriceps reçoivent de 9 à 12 séries directes, tandis que les bras et l'arrière des cuisses travaillent surtout de façon indirecte.

Les pectoraux, le dos et les quadriceps reçoivent de 10 à 12 séries directes par semaine, dans la fourchette de dix à vingt citée plus haut. Les épaules en reçoivent neuf, auxquelles s'ajoute le travail des développés. Les bras et l'arrière des cuisses reçoivent peu de séries directes, mais ils travaillent déjà beaucoup dans les tirages, les développés, le squat et le soulevé de terre.

Si l'arrière de tes cuisses ou tes bras restent en retard après quelques mois, ajoute deux ou trois séries de leg curl en fin de séance A, ou une série de curl et une d'extension triceps à chaque séance. Fais un ajout à la fois, et garde-le quelques semaines avant d'en juger l'effet.

Progresser en full body

La contrainte propre au full body est la fatigue accumulée en fin de séance. Trois règles la neutralisent :

  1. Le mouvement lourd passe en premier, toujours. Squat ou soulevé de terre avant tout le reste.
  2. Alterne poussé et tiré plutôt que d'enchaîner deux mouvements du même schéma : pendant que tu tires, ce qui pousse récupère.
  3. N'augmente pas les charges sur tous les exercices en même temps. Concentre la progression sur les deux mouvements principaux de la séance ; laisse les autres suivre.

Pour le reste, la double progression s'applique exactement comme ailleurs : tu gardes la même charge tant que toutes tes séries n'ont pas atteint le haut de la fourchette, puis tu ajoutes 2,5 kg à la barre ou 2 kg aux haltères.

Exemple de progression sur le développé couché

Le développé couché se fait sur quatre séries de 6 à 8 répétitions. Imaginons que tu démarres à 60 kg et que ta première séance donne 8, 7, 6 et 6 répétitions. Tu gardes 60 kg et tu cherches une répétition de plus, séance après séance.

Séance AChargeRépétitions
160 kg8, 7, 6, 6
260 kg8, 8, 7, 6
360 kg8, 8, 7, 7
460 kg8, 8, 8, 7
560 kg8, 8, 8, 8
662,5 kg7, 6, 6, 6

À la cinquième séance, les quatre séries atteignent 8 répétitions : tu passes à 62,5 kg et tes répétitions redescendent vers le bas de la fourchette. Comme le développé couché n'est que dans la séance A, ce cycle prend environ trois semaines. Il avance parfois plus vite, parfois plus lentement, et c'est normal : l'essentiel est que la tendance monte sur plusieurs semaines.

Comment savoir si ton full body fonctionne

Un programme fonctionne quand tes performances montent sur plusieurs semaines. Compare chaque séance à la même séance précédente, A avec A et B avec B : si tu fais plus de répétitions ou plus de charge sur la majorité des exercices en un mois, tu es sur la bonne voie.

Écran de l'application Hoist listant plusieurs exercices avec, pour chacun, la charge actuelle et le gain réalisé sur les quatre dernières semaines.
Suivre la charge de chaque exercice sur quatre semaines permet de repérer d'un coup d'œil ce qui progresse et ce qui stagne.

Si un exercice stagne pendant trois ou quatre séances alors que les autres montent, le problème est souvent local : charge mal choisie, technique qui se dégrade, ou exercice placé trop tard dans la séance. Si tout stagne en même temps, regarde plutôt ta récupération, c'est-à-dire ton sommeil, ton alimentation et ton niveau de stress.

Les erreurs fréquentes en full body

Adapter le full body à ton profil

Si tu débutes

Ce programme s'adresse plutôt à quelqu'un qui connaît déjà les mouvements. Si tu débutes, commence par trois séries par exercice, des fourchettes de répétitions un peu plus hautes et des exercices plus faciles à apprendre, comme dans notre programme de musculation pour débutant. Tu pourras passer à celui-ci après deux ou trois mois.

Si tu as plus de 40 ans

Le full body convient très bien, parce qu'il répartit le travail de chaque muscle sur trois séances au lieu de concentrer beaucoup de séries en une fois. Allonge un peu l'échauffement, et remplace le soulevé de terre ou le squat barre si une articulation proteste, en suivant la liste de remplacements plus haut.

Si tu as peu de temps

Pour tenir en quarante-cinq minutes, associe par deux des exercices qui ne sollicitent pas les mêmes muscles, comme le développé militaire et le curl, en enchaînant l'un puis l'autre avant de te reposer. Garde les mouvements lourds du début de séance seuls, avec leur repos complet. Notre guide sur la séance de musculation en 45 minutes explique comment organiser ce format.

Questions fréquentes

Le full body est-il réservé aux débutants ?

Non. À volume hebdomadaire égal, il donne des résultats au moins équivalents à un split. Il devient limitant surtout quand on veut consacrer beaucoup de volume à un muscle particulier, ou quand les séances doivent rester très courtes.

Peut-on faire du full body quatre fois par semaine ?

Oui, en réduisant le volume par séance pour rester dans une fourchette hebdomadaire raisonnable. Quatre séances allégées valent mieux que trois séances trop longues.

Faut-il faire du soulevé de terre à chaque séance ?

Non. Une fois par semaine suffit largement : c'est le mouvement le plus coûteux en récupération. C'est pourquoi il ne figure que dans la séance B.

Combien de temps dure une séance full body ?

Entre cinquante minutes et une heure quinze selon les temps de repos. Si tu dépasses systématiquement l'heure et quart, retire un exercice accessoire plutôt que de raccourcir les repos des mouvements lourds.

Combien de temps pour voir des résultats en full body ?

Les gains de force apparaissent en quelques semaines, surtout si tu débutes. Les changements visibles demandent en général deux à trois mois de pratique régulière, et dépendent beaucoup de ton alimentation et de ton sommeil.

Le full body 2 fois par semaine, est-ce suffisant ?

Oui, surtout au début. Chaque muscle est alors travaillé deux fois par semaine, ce qui reste une bonne fréquence. Le volume total est simplement plus faible qu'avec trois séances, donc la progression est un peu plus lente.

Peut-on faire du full body tous les jours ?

Ce n'est pas conseillé avec un programme comme celui-ci. Chaque séance sollicite tous les muscles, qui ont besoin d'au moins un jour de récupération avant d'être retravaillés intensément. Trois ou quatre séances bien espacées sont bien plus faciles à récupérer.

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