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Le split par muscle

Un muscle par séance, cinq à six fois par semaine : c'est le découpage historique de la musculation de compétition. La recherche sur la fréquence l'a sérieusement relativisé. Voici ce qu'il reste de pertinent, et pour qui.

Guide pratique · lecture 9 minutes · mis à jour le

Le principe du split par muscle

Le split par muscle, parfois appelé split « bodybuilding », consacre une séance entière à un ou deux groupes musculaires : pectoraux lundi, dos mardi, jambes mercredi, épaules jeudi, bras samedi. Chaque muscle reçoit donc beaucoup de volume, mais une seule fois par semaine.

Ce découpage vient de la musculation de compétition, où l'on s'entraîne souvent cinq ou six fois par semaine depuis des années. Il reste très répandu en salle parce qu'il est simple à comprendre : chaque jour correspond à un muscle.

Ce que dit la recherche sur la fréquence, et ses limites

L'argument contre ce découpage est solide, mais il est souvent mal résumé. Reprenons-le correctement.

Ce que la recherche montre. La méta-analyse de Schoenfeld et ses collègues de 2016 conclut que, lorsque le volume hebdomadaire n'est pas égalisé, les fréquences plus élevées produisent de meilleurs résultats. Autrement dit, deux séances de dix séries battent en général une séance de dix séries, ce qui est mécanique puisque le volume double.

Ce qu'elle ne montre pas. À volume hebdomadaire identique, l'avantage de la fréquence élevée disparaît largement. Un split par muscle qui place vingt séries de dos dans une seule séance n'est donc pas condamné par les données : il est simplement plus difficile à réaliser correctement.

Le vrai problème est pratique, pas théorique

Les dernières séries d'une séance de vingt séries pour un même muscle sont exécutées en état de fatigue avancée : les charges baissent, la technique se dégrade et leur contribution diminue. C'est ce que l'on appelle le rendement décroissant intra-séance. Le découpage n'est pas mauvais en soi, mais il rend le volume moins productif à partir d'un certain seuil, autour de dix séries dures par muscle et par séance.

Le même volume de dos, en une ou deux séances

Prenons le dos. Dans l'exemple de split plus bas, il reçoit 13 séries dures le mardi. Dans notre programme upper lower, il reçoit aussi 13 séries par semaine, mais en deux fois : 6 séries en Upper A et 7 en Upper B, à trois ou quatre jours d'écart. Le total est le même ; en upper lower, tu fais simplement chaque série plus frais, et le dos n'attend jamais une semaine entière.

Tableau comparant le travail du dos dans un split par muscle et dans un upper lower : 13 séries par semaine dans les deux cas, en une séance pour le split et en deux séances de 6 et 7 séries pour l'upper lower.
À volume égal, l'upper lower coupe les 13 séries de dos en deux séances : chaque série se fait avec moins de fatigue accumulée.

Les atouts et les limites du split

Ce que le split fait bien

Ce qu'il fait moins bien

À qui le split par muscle convient encore

ProfilVerdict
Débutant Non. La fréquence faible ralentit l'apprentissage technique. Un full body est nettement plus efficace.
Intermédiaire C'est rarement le meilleur choix. Un upper/lower à quatre séances donne la même chose avec moins de créneaux.
Confirmé, 5 à 6 séances C'est défendable, notamment pour concentrer beaucoup de volume sur un muscle en retard pendant un cycle de deux à trois mois.
Contrainte de salle Il est utile quand on ne dispose que de courts créneaux : une séance « bras » de quarante minutes se cale plus facilement qu'un full body.

Les modèles de progression de l'ACSM, le collège américain de médecine du sport, vont dans le même sens : ils réservent le découpage par groupes musculaires aux pratiquants avancés qui s'entraînent quatre à six fois par semaine.

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Un exemple de programme split sur cinq séances

Voici une version raisonnable : chaque muscle reçoit autour d'une douzaine de séries dures, et les groupes déjà sollicités indirectement reçoivent moins de travail direct.

SéanceContenuSéries dures
1 · Pectoraux Développé couché, incliné haltères, écarté poulie, dips12
2 · Dos Traction, rowing barre, tirage horizontal, pull-over13
3 · Jambes Squat, soulevé de terre jambes tendues, presse, leg curl, mollets16
4 · Épaules Développé militaire, élévations latérales, oiseau10
5 · Bras Curl barre, curl incliné, barre au front, extension poulie10

La séance jambes compte plus de séries parce qu'elle couvre trois groupes : quadriceps, ischios et fessiers, mollets.

Comment placer les cinq séances dans la semaine

Une façon simple de les placer : pectoraux le lundi, dos le mardi, jambes le mercredi, épaules le jeudi, repos le vendredi, bras le samedi et repos le dimanche. La séance jambes sépare les séances du haut du corps, le jour de repos laisse aux triceps le temps de récupérer de la séance épaules, et les bras passent deux jours avant la séance pectoraux suivante.

Calendrier d'une semaine de split avec les pectoraux le lundi, le dos le mardi, les jambes le mercredi, les épaules le jeudi, les bras le samedi, et du repos le vendredi et le dimanche.
La séance jambes coupe la semaine en deux, et le repos du vendredi évite d'enchaîner épaules et bras avec des triceps déjà fatigués.

Le détail de la séance dos

ExerciceSériesRépétitions
Traction ou tirage vertical46 à 10
Rowing barre38 à 10
Tirage horizontal à la poulie310 à 12
Pull-over à la poulie312 à 15

Repose-toi deux minutes sur les deux premiers exercices et 90 secondes sur les suivants. La séance dure alors environ cinquante minutes, échauffement compris.

Compter aussi les séries indirectes

Attention au comptage : après une séance pectoraux et une séance épaules, les triceps ont déjà reçu beaucoup de travail indirect. Dix séries directes supplémentaires les placent souvent en excès. Le guide sur le volume d'entraînement détaille comment compter les séries indirectes.

Comment progresser avec un split par muscle

La méthode est la même qu'avec tout programme : la double progression, décrite dans notre guide sur la surcharge progressive. Tu gardes une charge tant que tu n'atteins pas le haut de la fourchette de répétitions sur toutes les séries, puis tu l'augmentes.

La différence tient au rythme : chaque exercice ne revient qu'une fois par semaine. Prenons le rowing barre de la séance dos, en 3 séries de 8 à 10 répétitions :

SemaineChargeRépétitions des 3 séries
Semaine 150 kg9, 8 et 8
Semaine 250 kg10, 9 et 8
Semaine 350 kg10, 10 et 9
Semaine 450 kg10, 10 et 10
Semaine 552,5 kg8, 8 et 8

Ce cycle prend cinq semaines, contre deux ou trois en Push Pull Legs à six séances, où la séance de tirage revient deux fois par semaine. Certaines semaines, rien ne bouge : regarde la tendance sur un mois.

Noter chaque série, car une semaine sépare deux passages

Sept jours entre deux séances dos, c'est trop long pour se souvenir des charges et des répétitions de chaque série. Sans trace écrite, on refait la même chose chaque semaine sans s'en rendre compte. Note tout, dans ton carnet ou dans Hoist, qui affiche ta dernière séance au-dessus des séries du jour.

Écran de l'application Hoist montrant, au-dessus des séries du jour, la ligne « Dernière fois » avec les charges et les répétitions de la séance précédente.
Avec une semaine entre deux passages, retrouver la dernière performance de chaque série au moment de charger la barre évite de refaire la même séance sans progresser.

Comment savoir si ton split fonctionne

Au bout de quatre à six semaines, le premier exercice de chaque séance doit avoir gagné des répétitions ou de la charge. Si les charges chutent nettement sur les derniers exercices, retire une série à l'exercice le plus fatigant plutôt que d'en ajouter. Et si plusieurs muscles stagnent malgré un sommeil et une alimentation corrects, un découpage à deux passages par muscle t'aidera à répartir le même volume.

Les variantes du split par muscle

Le split à deux groupes par séance

Il regroupe deux muscles le même jour, souvent pectoraux et triceps, dos et biceps, puis jambes et épaules. Répétée deux fois dans la semaine, cette boucle de trois séances travaille chaque muscle deux fois, comme un Push Pull Legs à six séances.

Une séance ciblée ajoutée à un autre programme

Pour un muscle en retard, inutile de passer tout ton programme en split. Ajoute à un upper lower à quatre séances une cinquième séance consacrée à ce muscle, par exemple une séance inspirée de notre programme pour les bras. Compte les séries déjà faites en Upper pour ne pas dépasser une vingtaine de séries par semaine sur ce muscle.

Les erreurs fréquentes avec un split

Questions fréquentes

Le split par muscle est-il dépassé ?

Il est moins efficace que les découpages à fréquence plus élevée pour la plupart des pratiquants, mais il n'est pas invalidé : à volume hebdomadaire égal, l'écart se réduit fortement. Son défaut principal est le rendement décroissant en fin de séance.

Peut-on faire un split par muscle sur quatre séances ?

C'est possible en regroupant, par exemple pectoraux et épaules le même jour, mais on obtient alors quelque chose de très proche d'un Push Pull Legs, en moins bien organisé.

Combien de séries maximum pour un muscle dans une séance ?

Au-delà d'une dizaine de séries dures pour un même muscle, les dernières apportent peu. C'est le seuil au-delà duquel il devient préférable de répartir sur une deuxième séance.

Le split permet-il de rattraper un muscle en retard ?

Oui, c'est son usage le plus défendable : consacrer une séance entière à un groupe prioritaire pendant deux à trois mois, en réduisant le volume ailleurs pour ne pas augmenter la fatigue globale.

Split ou full body : lequel choisir ?

Si tu t'entraînes deux à quatre fois par semaine, le full body ou l'upper lower sont plus efficaces, car ils travaillent chaque muscle au moins deux fois. Le split devient défendable à partir de cinq séances, surtout pour un pratiquant confirmé qui veut insister sur un muscle. À volume égal, l'écart entre les deux reste modeste.

Combien de temps dure une séance en split ?

Avec trois à cinq exercices et une douzaine de séries, compte quarante-cinq minutes à un peu plus d'une heure, échauffement compris. La séance jambes est souvent la plus longue, car elle couvre plusieurs groupes musculaires.

Le split par muscle est-il bon pour la prise de masse ?

Il peut fonctionner, comme tout programme où les charges progressent sur plusieurs mois. La prise de masse dépend surtout de cette progression, d'un léger surplus calorique et d'assez de protéines. Un découpage à deux passages par muscle rend simplement le même volume plus facile à réaliser.

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